[EXCLU] Europa League, sélection, avenir : l’interview de l’international marocain Yunis Abdelhamid !

Yunis ABDELHAMID – Reims vs LOSC – 30/08/2020 – Footballogue Icon Sport ©

Auteur d’une superbe saison 2019-2020 avec le Stade de Reims, l’international marocain Yunis Abdelhamid (32 ans) revient cette année avec de nouvelles ambitions. L’Europa League, son avenir, la sélection, l’ancien dijonnais s’est confié sans détour.

 

En début de saison, votre entraîneur nous avait exprimé ses ambitions de faire un top 10. Vous avez fini 6èmes, dans un contexte un peu particulier, quel est ton regard sur cette saison 2019-2020 ?

Ça s’est terminé du jour au lendemain, on n’a pas trop compris. Vu la situation, on n’avait pas trop le choix. En termes de classement, on était 5èmes et c’était plutôt mérité (Reims a fini 6ème après le calcul de la LFP). On a su profiter des mauvaises saisons des plus gros clubs.

 

En parlant de contexte particulier, comment tu as vécu le confinement ? 

Au début, on pensait que ça allait durer peut-être trois semaines voire un mois. On s’entraînait à la maison, on avait cet espoir-là (de reprendre). On s’est retrouvé à devoir s’arrêter définitivement, ça a été un peu difficile à accepter, mais la situation l’obligeait et on n’avait pas le choix.

 

Au moment où on enregistre cette interview, on est 2 jours après le tirage au sort du barrage d’Europa League. Vous allez rencontrer l’équipe suisse du Servette, tu connais cette équipe ? Tu penses que le Stade de Reims est favori ?

J’ai un ancien coéquipier qui évolue là-bas, Grejohn Kyei. Ça va nous faire plaisir de le revoir. C’est un championnat qu’on ne suit pas trop, mais c’est une équipe qui joue bien, qu’on a la chance d’observer grâce à notre ancien coéquipier. Je ne pense pas qu’on soit favoris, c’est du 50/50. Ça reste une bonne équipe, sur un match tout est possible, d’autant plus qu’on est à l’extérieur. On y va bien sûr pour se qualifier !

 

On entend souvent dire que les clubs français ne font pas ce qu’il faut en Europa League. Avez-vous une réelle ambition dans cette compétition cette saison ? Si oui, lesquelles ?

On a une chance de la disputer (cette compétition), on va y aller à fond, pour se qualifier et aller le plus loin possible. C’est une grosse opportunité, et on compte bien la saisir.

 

Revenons sur votre début de saison 2020-2021. Vous avez accroché 1 point sur la pelouse de Monaco, après une belle prestation et vous avez été vaincus par le LOSC, week-end dernier. Quel est ton ressenti après ces deux premiers matchs ?

On a un début de saison difficile, avec un gros calendrier. Monaco est une équipe revancharde, et on connaît le groupe de Lille et sa qualité, ainsi que les ambitions du club. C’était deux matchs difficiles mais on avait l’ambition de les gagner. Contre Monaco on a fait un super début de match (2-0 en 30 minutes), après nous avons été mis en difficulté. Le nul était dans l’ensemble mérité, c’est un match que nous aurions pu remporter, et qu’on aurait également pu perdre dans les dernières minutes du match. À la fin, on repart avec un point, nous sommes déçus vu le déroulement du match, mais avec du recul on se rend compte que c’était finalement un bon point.

Par rapport à Lille, on voulait gagner, mais on s’est retrouvés face à une équipe très solide dans un match fermé. Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions et le match s’est débloqué sur une action individuelle de Jonathan Bamba. On est ressortis de ce match très frustrés, on n’a pas su trouver les solutions. On aurait aimé repartir avec le point du match nul, qui aurait été mérité et finalement il y a cet exploit de Jonathan Bamba…

Beaucoup de déception et de frustration. Notre début de saison est plutôt moyen par rapport à ce qu’on espérait. On va continuer à travailler. Là on a deux déplacements, à Angers et à Metz, à nous de bien travailler pour aller prendre les points.

 

Quelles sont vos ambitions en championnat pour cette saison ? Réitérer l’exploit en finissant dans le Top 6 ?

Notre ambition c’est de faire aussi bien que les deux premières années (2018-2019 : 8èmes / 2019-2020 : 6èmes). L’année dernière, il y a des équipes comme Lyon, Saint-Etienne, Bordeaux, Monaco qui ont fait une mauvaise saison et qui vont avoir l’ambition de se reclasser. Ça va être plus difficile, mais notre ambition c’est de faire aussi bien. Si nous finissons top 10 ou top 12, tout le monde sera content.

 

Vous avez l’avantage d’avoir un vestiaire qui est un bon mixe entre des joueurs d’expérience et des jeunes très prometteurs, à l’image d’El Bilal Touré. Parle-nous de ce joueur en particulier ?

C’est un jeune joueur qui a beaucoup de talent, beaucoup de potentiel. Il nous surprend de jour en jour. Il nous montre ce qu’il a dans le ventre, il peut devenir un joueur important pour nous. On est contents de l’avoir, on est derrières lui. Il est très motivé et sérieux, il sait ce qu’il veut. C’est bien d’avoir des jeunes comme lui dans un groupe.

 

« Bien sûr j’aimerais participer à une compétition internationale avec la sélection marocaine, c’est l’objectif. »

 

Quels sont tes objectifs concernant la sélection marocaine ? Jouer une grande compétition ?

Mon objectif c’est d’être performant avec le Stade de Reims et je pense que la seule chose qui peut m’amener à la sélection, c’est d’être bon avec mon club. Bien sûr j’aimerais participer à une compétition internationale avec la sélection marocaine, c’est l’objectif. Je travaille, je fais tout pour être performant, et j’espère que j’aurai la chance de disputer ces compétitions-là (CAN et Coupe du Monde).

Je n’ai pas eu trop de rapports avec le sélectionneur, plus avec le staff. On garde contact. Vu la situation sanitaire au Maroc, ce n’est pas vraiment la priorité du jour je pense. Les contacts devraient reprendre en octobre.

 

Tu as 32 ans, tu es dans la force de l’âge, tu as prolongé la saison passée (jusqu’en 2022). Tu es au “jour le jour” ou tu as un plan ?

Je ne veux pas dire “au jour le jour” mais presque (rire). Je me sens bien, je suis motivé, je suis bien physiquement et mentalement. Je ne me fixe pas de limite, je joue et je profite. On verra jusqu’où j’irai. Je n’ai pas forcément d’objectifs, si je peux continuer le plus possible je le ferai, sans hésitation.

Interview par Paul Avignon